Matériel

Pratiquer la macrophotographie impose l’utilisation d’un matériel spécifique pour obtenir les meilleurs résultats et surtout les images que l’on souhaite. Mais ceci n’est pas toujours vrai et on peut trouver de fabuleuses photos réalisées avec des matériels non dédiés tels que des objectifs ordinaires montés en “inversé” ou d’autres techniques moins conventionnelles mais dont les concepteurs savent tirer le meilleur !

Ici je n’évoquerai que, et de façon non exhaustive, les grands classiques utilisés pour cette pratique, et en particulier le matériel que personnellement je privilégie pour obtenir les résultats que vous retrouverez dans la galerie de photos de “lemondeminuscule.com”

Le boitier :

Tout bon boitier pourra être exploité de manière à produire de bonnes photos. Ce n’est pas le maillon le plus important de la chaîne, mais certains points à mes yeux sont très importants pour rendre la pratique macrophotographique plus “confortable”.

Pour moi le boitier doit pouvoir être bien calé dans les main et offrir une bonne prise que ce soit en mode paysage ou en mode portrait. La possibilité d’utilisation d’un grip sera donc un plus indéniable. L’ergonomie et la disposition des molettes et boutons me semble très importante afin que tous les réglages (ouverture, vitesse, iso, etc…) soient accessibles très rapidement, les sujets tels que les insectes ne vous donnant le plus souvent que très peu de temps pour réaliser vos réglages avant la prise de vue.

Le viseur doit être grand et lumineux et permettre une mise au point manuelle aisée. Il doit être plein format, c’est à dire montrer exactement le cadrage capteur.

Un écran arrière de visionnage assez grand et lumineux est très utile, il permettra de vérifier netteté, exposition, composition, etc… La possibilité de l’utiliser en LiveView n’est pas indispensable à mes yeux, car je photographie toujours à main levée et le plus souvent en mise au point manuelle. Le LiveView s’avère très intéressant pour les utilisateurs de trépied, couplé à un déclencheur à distance.

Le boitier devra être solide et assez étanche pour supporter de travailler au raz des herbes et plantes où l’on trouve souvent de la rosée en abondance.

Le poids n’est pas un problème, un boitier lourd est plus stable et il est rare de prendre des photos à bout de bras en macrophotographie, la plupart des images se faisant en appuie sur les coudes, les bras ou les mains. Pour les photos en hauteur, on pourra utiliser un monopode ou un trépied.

J’utilise personnellement depuis presque deux ans un CANON EOS 7D qui rassemble l’ensemble des critères évoqués ci-dessus, sans avoir jamais éprouvé le besoin d’en changer pour un autre, celui-ci répondant complètement à mes aspirations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est monté avec un grip Canon BGE7 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les objectifs :

L’objectif est de loin l’élément le plus important de la chaîne.

Pour pouvoir faire de ma macrophotographie, un objectif doit avoir un rapport de grossissement au minimum de 1:1

Bon nombres d’objectifs zoom non dédiés à la macro sont pourtant estampillés “macro” mais ne donnent le plus souvent que des rapport de 1/2:1 voir moins ce qui est très insuffisant. Cependant ils peuvent être utilisé dans le domaine appelé “proxiphotographie”, sur des sujets assez gros (tels que les grandes sauterelles, les mantes, les fleurs, etc…). On pourra aussi utiliser en proxiphotographie des objectifs ou zoom à longue focale avec souvent de très bon résultats, voir ICI l’exemple d’une mante prise avec un EF 100-400 IS USM à la focale 400mm.

On pourra également arriver au rapport 1:1 ou plus grâce à certains accessoires montés sur objectif classique. Ce sont les “tubes allonge” encore appelé “bagues allonge”, mais également les “bonnettes”. Ces accessoires ont l’avantage d’être moins coûteux qu’un objectif macro dédié et permettent malgré une diminution de la profondeur de champs et de la luminosité de prendre de très belle photos macros quand on en a l’habitude.

Cependant les meilleurs résultats seront obtenus avec des objectifs permettant d’obtenir directement et sans accessoire un rapport de grossissement allant de 1:1 à 5:1.

J’utilises actuellement deux objectifs principalement, le premier donnant un rapport 1:1 : le Canon EF 100 Macro f/2.8 L IS USM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et la petite merveille de chez Canon : le MPE-65 permettant un grossissement du rapport 1:1 au rapport 5:1 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces deux objectifs permettent à eux deux de couvrir microfaune et microflore du plus gros au plus petit. Ils ont tous les deux une ouverture maximale de f/2.8 qui permet de travailler avec une lumière faible, mais aussi de jouer avec une profondeur de champs très courte pour des effets de flou particuliers comme ICI.

Le 100 Macro est équipé d’un stabilisateur d’image très performant autorisant des vitesses d’obturation assez faible sans flou de bouger. Son autofocus est également très bon, mais je l’utilise peu car je suis très habitué à la mise au point manuelle. Ses qualités optiques sont fantastiques et son utilisation un régal au quotidien.

Le MPE-65 lui est un objectif très particulier sans autofocus, ni stabilisateur d’images. Son utilisations demande beaucoup de pratique et d’entrainement, la mise au point se faisant soit en avançant ou en reculant par rapport au sujet soit en tournant la bague de variation de grossissement. Personnellement, je choisis mon grossissement et je déplace l’objectif afin d’obtenir la mise au point. Une fois acclimaté à son fonctionnement, cet objectif est une Rolls pour la macrophotographie !  Ses qualités optiques extraordinaires, avec un piqué excellent et une diffraction limitée malgré les fort grossissements en font une référence pour la macro sur tout petit sujets. Sa simplicité (due à l’absence d’IS et d’AF lui confère une grande robustesse. Son seul défaut si cela en est un (les lois optiques imposent leurs limites) est la quasi obligation d’utiliser un flash ou des éclairages artificiels à des grossissements supérieurs à 3:1, même dans de bonnes conditions de lumière naturelle.

 

La lumière artificielle : 

Si j’utilise le 100 Macro dans des conditions de lumières naturelles dans 100% des cas, il n’en est pas de même du MPE-65 moins lumineux à fort grossissement.

Les qualités que l’on demandera à une source de lumière artificielle sont son efficacité et sa discrétion. Je passerai ici sur les techniques d’éclairage en studio qui seront abordées dans la rubrique “Focus Stacking” du site, celles-ci n’étant pas réellement adaptées à la macrophotographie en plein air du fait de leur encombrement. Le flash s’impose donc naturellement.

La technique qui semble actuellement donner les meilleurs résultats utilise plusieurs sources lumineuses : flash annulaire ou assimilés pour le sujet et flash cobra latéral pour une lumière diffuse sur le fond. Ce système présente le gros inconvénient de nécessiter un montage sur l’APN assez complexe et surtout assez encombrant ce qui est un défaut majeur à mes yeux, l’approche de très nombreux insectes étant rendue très délicate par leur caractère farouche.

Partant donc du principe que pour photographier un insecte il faut qu’il reste au moins quelques secondes devant mon objectif et que rien n’est pire que de prendre d’infinies précautions et beaucoup de temps à avancer un matériel lourd et encombrant dans un contexte souvent herbeux et branchu pour voir en fin de compte la bestiole convoitée s’en aller apeurée, je me contente actuellement d’un flash annulaire simple en essayant d’exploiter au mieux cette technique simple et légère.

Actuellement j’utilise donc un flash annulaire Sigma EM 140 DG Macro :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Celui-ci donne déjà de bon résultats en mode automatique (ETTL) mais permet par son mode entièrement manuel d’affiner les résultats afin de rendre moins présente cette source sur le sujet et plus sur le fond, chacune des deux lampes de l’anneau étant réglable individuellement en puissance.